2 - 3
Le Sporting a déraillé en pleine nuit
L'Autriche n'est pas qu'un pays de fromages et de luges. C'est aussi le territoire où le LASK Linz est venu faire la loi au Sporting Club de Portugal. On s'attendait à un récital lisboète, à une démonstration de puissance habituelle. On a eu droit à un cauchemar éveillé, à une victoire 3-2 qui sent la fausse note et le zeste de trahison.
Le match a été une tempête à deux vitesses. Mi-temps 1-1, l'équilibre fragile tenait par la manche. Mais la seconde période, c'est là que tout a basculé. Le LASK, cet outsider tranquille, a eu le mérite de ne pas trembler quand cela comptait. Ils ont encaissé les coups, oui, mais ils ont riposté avec la précision d'un chirurgien en fin de séance. Trois buts encaissés, trois buts inscrits. Les chiffres sont miroirs, mais la saveur est amère pour les Lions de Lisbonne.
On ne peut pas blâmer tout le monde à Lisbonne. Il faut saluer celui qui a porté les couleurs autrichiennes avec la fierté d'un dignitaire. Yvan Dibango a été le moteur, l'âme, le chef d'orchestre de cette équipe qui n'avait rien à perdre. Sa performance a été celle d'un patron absolu, loin de la moyenne, loin de l'erreur. Note : 8.3/10. Un score qui frappe, qui impose le respect, et qui rappelle que le football, parfois, sourit à ceux qui jouent davantage pour le plaisir que pour la gloire.
Du côté portugais, le silence est assourdissant. Aucune note clé n'a émergé des dégâts, ce qui en dit long sur la dispersion collective. C'est l'absence d'un leader, d'une voix qui aurait pu retenir ce navire en perdition. Le classement, lui, reste cruel. Que le Sporting ait été premier ou dernier avant ce coup de théâtre ne change rien à l'essentiel : la dynamique s'est inversée. Cette victoire du LASK est un coup de tonnerre dans le groupe. Elle redistribue les cartes, oblige les autres prétendants à recalculer leurs trajectoires. Pour Lisbonne, c'est une claque donnée sous les yeux de toute l'Europe. Il faudra digérer ce dénouement, car la frustration laisse des traces plus profondes que la joie d'un soir.
Les Notes du match
Yvan Dibango (LASK) : 8.3/10L'homme de la soirée, précis, intelligent et décisif quand il le fallait.
Ensemble Sporting CP : N/AUn collectif fantôme, sans âme ni repère, noyé par la pression.