Panne de canettes au Neckarstadion
On nous avait promis un choc, une explosion de décibels et de talent brut entre deux des forces les plus excitantes de cette Bundesliga. Finalement, pendant quarante-cinq minutes, on a surtout assisté à une partie d'échecs jouée par deux grands-pères sous Lexomil. Un 0-0 à la pause qui puait la peur de perdre et le manque d'inspiration chronique.
Mais au retour des vestiaires, le VfB Stuttgart a enfin décidé que le public méritait mieux qu'une sieste collective. Les Souabes ont repris les rênes, imposant un pressing qui a fini par étouffer une équipe de Leipzig étrangement amorphe. On attendait la foudre de l'écurie Red Bull, on a eu droit à une boisson éventée et sans bulles. Le petit but de Stuttgart, inscrit avec la hargne de celui qui veut vraiment s'installer à la table des grands, a suffi à climatiser les ambitions des visiteurs.
C’est une DÉSILLUSION monumentale pour le RB Leipzig et sa bande de solistes. On peut empiler les talents et les millions d’euros sur le papier, si l'envie reste au vestiaire, le résultat est inéluctable. Stuttgart, de son côté, continue son insolente marche en avant. Ce n'est plus une surprise, c’est une véritable démonstration de force et de gestion de groupe. Voir le VfB bousculer la hiérarchie établie avec une telle sérénité est un régal pour quiconque aime encore le football de caractère.
Au classement, l'opération est limpide : Stuttgart s'ancre solidement dans le peloton de tête, tandis que Leipzig commence à regarder ses rétroviseurs avec une nervosité palpable. Les places pour la Ligue des Champions ne se distribuent pas sur CV, et aujourd'hui, le VfB a rappelé que le rectangle vert ne ment jamais. Pour les hommes en blanc et rouge, la fête va durer toute la nuit. Pour les autres, il s'agirait de retrouver des ailes, et vite, avant que la saison ne devienne un long calvaire. C'était du pur FOOTBALL, et Stuttgart en était le seul architecte.