2 - 2
L'ART DU NUL PARFAIT
Ah, la Carabao Cup. Ce doux parfum de l'exploit, cette promesse de voir des géants trébucher ou des outsiders écrire leur légende. Et puis, il y a des matchs comme Tranmere Rovers contre Rochdale. Un affrontement qui, sur le papier, promettait un duel d'intensité. Ce qu'on a eu ? Un 2-2 d'anthologie, mais seulement si votre définition d'anthologie inclut l'incapacité chronique à se départager.
La première mi-temps fut un chef-d'œuvre de non-action, un 0-0 d'une pureté presque philosophique. Quarante-cinq minutes où l'on pouvait se demander si les joueurs n'avaient pas oublié leurs crampons au vestiaire, ou s'ils pratiquaient une nouvelle forme de football méditatif. Le suspense était à son comble, mais pour savoir qui allait craquer le premier sous le poids de l'ennui.
Puis, la magie opéra. Ou plutôt, le chaos. La seconde période fut une explosion, un festival de buts qui a rattrapé la léthargie du début. Deux buts pour Tranmere, deux pour Rochdale. Un match spectaculaire, diront les âmes charitables. Nous, on y voit plutôt un échange de politesses, où chaque équipe a refusé avec la même vigueur la responsabilité de gagner. C'était un peu comme deux boxeurs qui se frappent mutuellement, mais qui tombent tous les deux KO en même temps. Personne n'a vraiment gagné, personne n'a vraiment perdu non plus. Juste une preuve flagrante que la décision était une option bien trop complexe pour nos protagonistes.
Pour le championnat, si cette démonstration est un aperçu de ce qui attend les supporters, alors préparez-vous à une saison riche en rebondissements... pour le maintien. Qu'importe leur classement avant ce match, ce nul en coupe ne va pas envoyer de frissons dans le dos des cadors de leur division. Au contraire, il suggère une certaine fragilité, une incapacité CRASSE à dicter le tempo d'un match et à le clore. Quand l'enjeu est là, mais que la décision manque, on ne fait pas de grandes avancées. Un match qui laissera les statisticiens perplexes, et les supporters avec un goût amer de "et si...". Et si quelqu'un avait osé gagner ? Quelle idée folle !