3 - 2
Le bus madrilène finit à la casse dans le Nord de Londres
On pensait avoir tout vu avec l’Atlético Madrid de Diego Simeone, cette équipe capable de transformer un match de football en une séance de torture médiévale pour les amateurs de beau jeu. Mais hier soir, au Tottenham Hotspur Stadium, le plan de torture s'est retourné contre son créateur. Les Spurs l’ont emporté 3-2 dans un chaos absolument délicieux, prouvant que même une horloge cassée — ou un club qui n'a plus soulevé de trophée sérieux depuis l'époque de la VHS — peut donner l'heure juste lors des grandes soirées de Champions League.
La première période a été une ode au néant, un hommage vibrant à l'ennui. Un score nul et vierge à la mi-temps qui ressemblait plus à une sieste collective qu’à un sommet européen. On sentait que Simeone avait garé non pas un, mais deux bus devant sa surface, espérant sans doute que le temps s'arrête par pur épuisement nerveux. Mais après la pause, le verrou a lamentablement sauté. Et quand Tottenham décide d'attaquer sans son habituel désir de se saborder, c'est toute la muraille de Madrid qui finit en PLS.
Voir l’Atlético encaisser trois buts en une seule mi-temps, c’est un peu comme voir un prêtre jurer au milieu d'un baptême : c'est malaisant, choquant et, on ne va pas se mentir, terriblement divertissant. Les Madrilènes, autrefois maîtres incontestés du cynisme et du résultat étriqué, ont été punis par leur propre médecine. On a assisté à un véritable SABORDAGE tactique de la part des hommes du Cholo, incapables de contenir les assauts londoniens une fois que la machine s'est mise en marche.
Ce succès est une bouffée d'oxygène pure pour Tottenham. Englués dans les profondeurs du classement avant le coup d'envoi, les Spurs bondissent vers les places qualificatives et s'offrent une crédibilité qu'on ne leur connaissait plus cette saison. Pour l'Atlético, c'est la soupe à la grimace. Passer du statut de citadelle imprenable à celui de passoire de luxe en l'espace de quarante-cinq minutes va demander de longues séances de psychothérapie collective à Madrid.
C’ÉTAIT LE FEU dans le Nord de Londres. Les Spurs grimpent au classement et s’offrent un scalp de prestige, tandis que Simeone repart avec ses valises pleines et ses certitudes envolées. Si Tottenham commence à remporter des matchs à suspense contre des cadors européens sans s'effondrer mentalement, il est peut-être temps de vérifier si l'apocalypse n'est pas prévue pour le week-end prochain. Un braquage à l'envers qui fait un bien fou au football.