2 - 2
Inter s’endort, le Torino s’enflamme
On pensait que l'Inter avait verrouillé le coffre-fort après une première période gérée avec le flegme d’un banquier milanais, mais c’était sans compter sur la capacité irrationnelle du Torino à transformer un match de football en combat de rue. En menant 0-1 à la pause, les Nerazzurri semblaient partis pour une énième leçon de réalisme froid. Puis, le chaos s'est invité à l'Olimpico Grande Torino.
Le scénario est presque cruel pour Simone Inzaghi, dont les sourcils ont dû atteindre une altitude record au fil de la seconde mi-temps. L’Inter a dominé, l’Inter a géré, mais l’Inter a fini par TRÉBUCHER sur ses propres certitudes. Se faire remonter deux fois au score quand on prétend au Scudetto, c’est un peu comme rater un penalty sans gardien : c’est techniquement possible, mais socialement inacceptable.
Le Torino, de son côté, confirme son statut de poil à gratter officiel de la botte. Les Grenats n’ont peut-être pas le talent individuel de leurs voisins piémontais ou des cadors lombards, mais ils possèdent ce supplément d’âme qui manque cruellement aux grosses cylindrées quand le vent tourne. En arrachant ce 2-2, ils prouvent que l'organisation et la hargne peuvent compenser un compte en banque moins garni.
Pour le classement, c’est l’opération statu quo qui ne fait les affaires de personne. L’Inter laisse filer des points précieux dans la course au titre, offrant un cadeau de Noël avant l’heure à ses concurrents directs. On ne gagne pas de trophées avec des "presque" et des soupirs d’agacement. Quant au Torino, ce point les maintient dans le ventre mou, cet endroit merveilleux où l'on n'espère rien mais où l'on s'amuse beaucoup à gâcher la fête des autres.
C'est le paradoxe italien par excellence : un match TACTIQUE qui finit en foire d'empoigne. L'Inter repart avec des regrets, le Torino avec une fierté retrouvée, et les spectateurs avec la certitude que cette Serie A reste décidément imprévisible pour quiconque essaie de la rationaliser.