3 - 3
Portes ouvertes au Bet365 Stadium
On nous avait promis la rudesse du Championship, les tacles à la carotide et le charme désuet d'un après-midi pluvieux dans le Staffordshire. À la place, on a eu droit à une parodie de football défensif où Stoke City et Ipswich Town ont décidé que protéger son but était un concept beaucoup trop "mainstream" pour eux.
À la pause, les Potters menaient 2-0. Dans les tribunes, on commençait déjà à commander des tournées supplémentaires, persuadés que Stoke avait enfin retrouvé la recette du succès et une once de dignité. C’était mal connaître la capacité de cette équipe à saboter son propre travail avec la précision d’un horloger suisse. Mener de deux buts à la mi-temps pour finir par partager les points, c’est un peu comme gagner au loto et perdre le ticket en sortant du tabac.
Ipswich Town, les fameux Tractor Boys, a fini par passer la seconde après une entame de match digne d'un moteur diesel par -15 degrés. Les visiteurs ont profité du laxisme ambiant pour transformer la surface de réparation de Stoke en hall de gare. C’était le CHAOS total. Trois buts encaissés en seconde période pour les locaux, qui ont prouvé une fois de plus que leur arrière-garde possède la solidité d'un château de cartes dans un couloir d'aéroport.
Pour Ipswich, ce nul arraché avec les tripes a un goût de victoire morale, mais sur le plan comptable, c'est un sérieux coup de frein dans leur marche en avant. Pour espérer voir l'élite, il faudra apprendre à ne pas laisser deux buts d'avance à une équipe qui, d'ordinaire, a besoin d'une boussole pour trouver le chemin des filets.
Quant à Stoke City, ce résultat les maintient dans les limbes du classement, ce fameux purgatoire où l'on survit plus qu'on ne vit. Ce point ne change strictement rien à leur destin médiocre de milieu de tableau, si ce n'est qu'il confirme leur statut d'équipe la plus généreuse du royaume.
On retiendra que le spectacle était au rendez-vous pour les amateurs de scores fleuves, mais pour la rigueur tactique, on repassera. Voir six buts dans un match de Championship est toujours rafraîchissant, mais voir des défenseurs aussi perdus que des touristes sans GPS à Piccadilly Circus est TOTALEMENT lunaire. Stoke City reste une énigme que même les plus grands psychiatres du sport refusent d'analyser. C'est absurde, c'est frustrant, c'est le Championship.