3 - 3
Portes ouvertes au Stadio Olimpico
On nous vend souvent la Serie A comme le temple sacré de la tactique, du catenaccio et des défenses verrouillées à double tour. Ce soir, au Stadio Olimpico, on était plutôt sur un épisode de Intervilles avec des défenseurs en tongs. Se quitter sur un score de 3-3, c'est le genre de résultat qui ravit les diffuseurs et les spectateurs neutres, mais qui donne probablement des envies de reconversion immédiate aux deux entraîneurs.
L’Udinese est arrivée à Rome avec le plan parfait du petit poucet décidé à gâcher la soirée des bourgeois. À la pause, le 0-1 en faveur des Frioulans était une insulte à la logique pour les supporters romains, mais un hommage à l’apathie d’une Lazio incapable de cadrer une idée, encore moins un ballon. On imagine que les murs du vestiaire ont tremblé durant le quart d’heure de repos, ou que Maurizio Sarri a simplement décidé de fumer trois paquets de cigarettes d’un coup pour calmer ses nerfs.
La seconde période a basculé dans le GRAND N'IMPORTE QUOI. Dès le retour des vestiaires, les consignes tactiques ont été jetées au Tibre. Six buts au total dans une rencontre où les lignes de défense étaient aussi resserrées que le trafic romain un vendredi soir. La Lazio a cru faire le plus dur en renversant la vapeur, portée par un instinct de survie tardif, mais cette équipe possède la fâcheuse habitude de se saborder dès qu’elle commence à se trouver séduisante. En face, l'Udinese a joué les sangsues, s'accrochant à chaque bévue adverse pour arracher un point qui ne servira techniquement à personne, mais qui fera beaucoup de bien à leur ego.
Au classement, c’est l’opération surplace. La Lazio manque une occasion en or de recoller au peloton de tête et confirme son statut d'équipe la plus imprévisible — et donc la plus frustrante — de la Botte. Pour l’Udinese, ce nul est une petite prouesse d'orgueil, même si à force de partager les points, on finit par ne plus rien avoir dans l'assiette en fin de saison.
Bref, on a vu des buts, on a vu des erreurs de débutants, et on a surtout vu que la défense est devenue une option facultative dans la capitale italienne. C'est UN SCANDALE pour les puristes du marquage individuel, mais un régal absolu pour tous ceux qui aiment voir des millionnaires courir après le score dans un chaos total. La Serie A, on l'aime pour sa rigueur, mais on l'adore quand elle perd les pédales comme ça.