Résumé : Sport Lisboa e Benfica 2-2 FC Porto
Le football portugais est une pièce de théâtre où vingt-deux acteurs courent après un ballon pendant que les présidents s'insultent joyeusement en coulisses. Ce dimanche, le Clássico entre le Sport Lisboa e Benfica et le FC Porto au Stade de la Luz n’a pas dérogé à la règle : du drame, de l'électricité et un dénouement qui laisse tout le monde avec un goût de café tiède dans la bouche.
À la mi-temps, les supporters des Aigles cherchaient déjà les sorties de secours les plus proches. Menés 0-2 par des Dragons qui semblaient avoir transformé la défense lisboète en gruyère de premier prix, Benfica était au bord de l'humiliation nationale. Porto gérait, Porto ricanait, Porto pensait déjà à la fête sur les rives du Douro avec les trois points dans la soute. Les Lisboètes ressemblaient à des touristes perdus dans leur propre jardin, incapables d'aligner trois passes sans trembler des genoux.
ERREUR FATALE. Car s'il y a bien une chose que Porto sait faire, c'est s'endormir sur ses lauriers comme un chat repu après une gamelle de croquettes. Benfica, piqué au vif ou peut-être simplement réveillé par les sifflets assourdissants de son public, a soudainement décidé de se souvenir qu'il portait l'un des maillots les plus lourds d'Europe. Un concept novateur qui a immédiatement porté ses fruits lors d'une seconde période totalement débridée.
En remontant de 0-2 à 2-2 dans un second acte aux allures de siège médiéval, les Lisboètes ont sauvé les meubles. Mais ne nous y trompons pas : sauver les meubles quand on prétend au trône, c'est un aveu de faiblesse. Porto, de son côté, a réalisé le tour de force de gâcher un avantage confortable pour finir par brouter la pelouse dans le temps additionnel, les yeux rivés vers l'arbitre comme pour mendier un miracle.
Au final, ce match nul est une véritable CATASTROPHE comptable pour les deux camps. Dans cette course au titre où le moindre faux pas se paie au prix fort, laisser filer deux points de la sorte est un cadeau de Noël avant l'heure pour le Sporting CP qui se frotte les mains en regardant ses rivaux se neutraliser. Benfica reste scotché dans ses doutes existentiels, Porto ressasse son incapacité chronique à tuer les matches, et les spectateurs neutres sont les seuls à sortir de là avec le sourire.
On attendait un patron, on a eu deux perdants magnifiques incapables de conclure. C’est ça aussi, la magie de la Primeira Liga : beaucoup de fureur pour un statu quo qui ne fait les affaires de personne.