2 - 2
Les Saints perdent le Nord face aux Robins
On pensait que Southampton survolait la Championship avec la grâce d'un Boeing en première classe. Huit victoires d'affilée, vingt matches sans défaite, et une suffisance qui commençait sérieusement à agacer le reste du royaume. Mais c’était sans compter sur Bristol City, l’équipe dont la seule mission sur Terre semble être de gâcher les fêtes d'anniversaire des autres.
Le match a commencé par une masterclass de comédie de Ryan Manning. Marquer contre son camp dès la 5ème minute, c’est une façon originale de dire bonjour à son public. Un geste technique de toute beauté, si l'on considère que le but était de plomber l'ambiance à St Mary’s. Heureusement pour les locaux, Cyle Larin a décidé de faire son travail avant la pause pour ramener un semblant de dignité au tableau d'affichage.
La seconde période a ressemblé à une séance de torture psychologique pour les fans des Saints. Alors qu'ils dominaient la possession comme on domine un stagiaire en fin de semaine, Sam Bell a surgi pour rappeler à tout le monde que la défense de Southampton a parfois la solidité d'un biscuit trempé trop longtemps dans le thé. 1-2, le silence était tel qu'on pouvait entendre les soupirs de déception jusqu'à Portsmouth.
Il a fallu que Ross Stewart sorte du banc, tel un sauveur dont personne n’attendait plus rien, pour arracher l'égalisation à la 74ème minute. Un point, c’est tout. Un point qui ressemble surtout à une ÉNORME claque pour les ambitions de montée directe.
Au classement, ce nul est une catastrophe industrielle maquillée en "match spectaculaire". Southampton reste scotché à la 4ème place, voyant le train de l'accession automatique s'éloigner à l'horizon pendant qu'ils s'auto-félicitent pour leur série d'invincibilité. Les Robins, confortablement installés dans leur canapé du milieu de tableau (10ème), peuvent repartir avec le sentiment du devoir accompli : ils n'iront nulle part cette saison, mais ils ont emmené les Saints dans leur médiocrité.
C’est le problème quand on joue avec le feu : on finit par se brûler, et Southampton commence sérieusement à sentir LE ROUSSI. La montée, ça ne se gagne pas avec des statistiques de possession inutiles, mais en évitant de se tirer une balle dans le pied toutes les dix minutes. Les play-offs leur tendent les bras, et connaissant leur capacité à craquer sous la pression, on a déjà hâte de voir la suite.