Sieste prolongée sous le ciel de Moravie
Si vous aviez prévu de passer une soirée riche en émotions fortes et en frissons européens, il fallait manifestement rester devant un replay de Derrick ou entamer le tri sélectif de vos chaussettes. Ce Sigma Olomouc contre Mayence restera dans les annales comme le parfait remède contre l'insomnie, une ode au néant footballistique où le ballon semblait être l'ennemi juré des vingt-deux acteurs présents sur la pelouse.
Mayence, fier représentant de la Bundesliga, a traversé la frontière avec l'ambition d'un touriste égaré dans une brocante un dimanche pluvieux. Incapables de changer de rythme ou de proposer la moindre séquence de jeu digne de ce nom, les Allemands ont bégayé leur football face à un bloc tchèque qui n'en demandait pas tant pour exister. On attendait des étincelles venues d'outre-Rhin, on a eu droit à une mèche mouillée et des passes latérales à n'en plus finir. C'est une véritable PERFORMANCE d'arriver à produire aussi peu de danger avec un tel écart de budget et de prestige sur le papier.
Du côté du Sigma Olomouc, on se contentera de ce point arraché au forceps du désespoir. Les locaux ont défendu comme s'ils protégeaient le dernier exemplaire de la Constitution, mais sans jamais vraiment donner l'impression de vouloir franchir la ligne médiane. C'était solide, c'était courageux, mais c'était surtout affreusement pénible à regarder pour quiconque aime un tant soit peu le mouvement. Ils ont joué le nul dès l'échauffement, et ils l'ont obtenu avec une maestria qui frise l'insulte au football champagne.
Au classement de cette Conference League, ce résultat est une double peine. Les deux équipes restent engluées dans les tréfonds de la hiérarchie, incapables de se donner de l'air. Mayence rate l'occasion en or de s'affirmer comme un cador de la compétition et prouve une fois de plus que voyager en Europe n'est pas synonyme de s'imposer, surtout quand on oublie d'apporter son talent et son envie dans ses bagages de soute.
On retiendra de cette soirée morave que le Sigma a su rester IMPRÉVISIBLE dans sa capacité à ne rien proposer offensivement du début à la fin. Quant aux supporters qui ont fait le voyage, on espère qu'ils ont au moins apprécié la gastronomie locale, car sur le terrain, c'était le néant absolu. Une purge européenne qui nous rappelle que parfois, le score de 0-0 est encore trop généreux pour ce qui a été proposé.