1 - 3
Blackburn s'offre un festin de Blades
On savait que le Championship était une jungle impitoyable où les rêves de promotion viennent mourir dans l'indifférence générale, mais on ne s'attendait pas à voir Sheffield United se transformer en agneau sacrificiel avec autant de zèle. Les Blades, confortablement installés à une anonyme 14e place avant le coup d'envoi, ont accueilli Blackburn avec la politesse désuète d'un majordome anglais en fin de carrière. Résultat ? Une fessée mémorable administrée en quarante-cinq minutes chrono.
À la mi-temps, le tableau d'affichage de Bramall Lane affichait un 0-3 aussi brutal qu'un tacle à la gorge un soir de derby. Les Rovers, qui traînaient leur misère dans les bas-fonds du classement, ont soudainement décidé que le Yorkshire était l'endroit idéal pour redécouvrir le concept, visiblement oublié jusque-là, de l'efficacité offensive. Pendant ce temps, la défense de Sheffield a regardé passer les buts comme on regarde passer les trains : avec une passivité CRASSESSE et un détachement presque artistique.
Le second acte n'a été qu'une formalité, ou plutôt une agonie prolongée pour les supporters locaux qui ont eu le courage de ne pas déserter le stade à la pause. Un petit but de Sheffield est venu sauver les apparences, histoire de dire qu'on a au moins transpiré un peu pour le maillot, mais le mal était déjà fait. Ce match, qualifié de spectaculaire par les amateurs de chaos, a surtout été une démonstration de ce qui arrive quand une équipe décide de ne pas descendre du bus.
C'est une véritable HUMILIATION pour des Blades qui semblaient avoir déjà la tête aux vacances ou, pire, à la prochaine saison de télé-réalité. Blackburn repart avec trois points vitaux dans la besace, s'éloignant enfin des sables mouvants de la zone rouge pour s'ancrer à la 19e place. Sheffield, de son côté, stagne à sa 14e position et confirme son statut d'équipe la plus imprévisible, et surtout la plus frustrante, du royaume.
On attendait un combat de boxe, on a eu une séance d'entraînement pour les Rovers face à des plots en maillots rayés. Si Sheffield continue de défendre avec la rigueur d'une passoire, la fin de saison risque d'être aussi longue qu'un trajet en bus sous la pluie de novembre. Blackburn, en revanche, s'offre un bol d'air pur et une preuve, s'il en fallait une, que le réalisme prime toujours sur la complaisance.