Braquage à l'adriatique
La Conference League, c'est cette compétition merveilleuse inventée par l'UEFA pour nous rappeler que le football existe aussi dans des fuseaux horaires où l'on paye encore en troquant des chèvres. Ce jeudi, le Racing Club de Strasbourg, plus connu sous le nom de "Strasbourg-sur-Chelsea" ou "Laboratoire BlueCo", s'est rendu en Croatie pour affronter Rijeka. Et contre toute attente, les adolescents envoyés par Todd Boehly n'ont pas fini en morceaux dans les eaux de l'Adriatique.
Après une première période aussi excitante qu'une conférence de presse de Claude Puel — conclue sur un score nul et vierge qui a failli plonger les 8 000 spectateurs dans un coma profond — les choses se sont enfin animées. Le Racing l'emporte 2-1, prouvant que même avec une moyenne d'âge proche de celle d'une classe de terminale, on peut survivre à l'hostilité balkanique. C'est une victoire LOGIQUE pour le leader insolent de la phase de ligue, qui continue de traiter cette C4 comme son jardin privé.
Mais le vrai spectacle n'était pas sur le tableau d'affichage. Le clou de la soirée ? L'octogone improvisé entre Valentin Barco et Samir El Mourabet au coup de sifflet final. Rien de tel qu'une petite altercation entre coéquipiers pour célébrer un succès européen. On imagine que les deux génies se disputaient la dernière gourde ou le droit de s'asseoir à côté du chauffeur dans le jet privé. C'est ça, la PASSION version multi-club : on gagne ensemble, mais on finit presque par se mettre des tartes devant les caméras.
Pour Rijeka, la chute est brutale. Les Croates, qui espéraient transformer leur stade en coupe-gorge pour jeunes talents, repartent avec une défaite qui enterre quasiment leurs espoirs de qualification. Strasbourg a fait le plus dur et peut déjà préparer ses passeports pour les quarts, à condition de ne pas s'auto-détruire dans le vestiaire d'ici là. En attendant, les Alsaciens ramènent une option sérieuse et quelques bleus, pendant que le reste de la France se demande encore comment on prononce le nom du stade adverse. UN EXPLOIT, certes, mais surtout une preuve que l'argent de Londres finit toujours par acheter un peu de bonheur, même le jeudi soir.