La Real transforme Anoeta en salle de danse
On attendait un duel de voisins rugueux, une bataille de tranchées entre deux bastions du Nord. On a finalement assisté à une démonstration de force tranquille de la Real Sociedad, qui a décidé que le suspense était une notion beaucoup trop fatigante pour un dimanche après-midi. Les hommes d'Imanol Alguacil n'ont pas simplement gagné, ils ont méthodiquement démantelé une équipe d'Osasuna qui semblait être restée coincée dans le bus sur l'autoroute de Pampelune.
Tout a basculé en quatre minutes de pure folie, ou plutôt de pure SIESTE navarraise. À la 24e minute, Mikel Oyarzabal a rappelé à tout le monde qu'il possédait des nerfs d'acier en transformant un penalty avec la froideur d'un expert-comptable un jour d'audit. À peine le temps pour les supporters de se rasseoir que Gonçalo Guedes décidait de punir une défense d'Osasuna plus trouée qu'un gruyère oublié au soleil. 2-0 à la pause, et l'impression visuelle que le match était déjà emballé sous vide.
Le calvaire des visiteurs s'est poursuivi au retour des vestiaires. Guedes, visiblement d'humeur à soigner ses statistiques, s'est offert un doublé à la 52e minute, transformant cette rencontre en un véritable SPECTACLE à sens unique. À ce moment-là, on aurait pu arrêter les frais et éteindre les projecteurs, mais le règlement oblige à jouer quatre-vingt-dix minutes, même quand l'une des deux équipes a déjà la tête au décrassage du lendemain.
La réduction du score tardive de Víctor Muñoz à la 77e minute n'aura été qu'une maigre consolation, un simple moustique agaçant sur le pare-brise d'un rouleau compresseur bleu et blanc. Ce but permet au moins à Osasuna de sauver l'honneur, à défaut de sauver les meubles.
Au classement, cette victoire propulse la Real Sociedad à la 7e place, relançant totalement la course pour l'Europe. Pour Osasuna, l'ascenseur émotionnel descend d'un étage. Les Navarrais stagnent dans le ventre mou et devront rapidement retrouver leur boussole défensive s'ils ne veulent pas finir la saison en mode figurants. À Saint-Sébastien, on savoure : la Real a retrouvé son football, son efficacité, et surtout, son arrogance de grand d'Espagne. C'était TOTALEMENT mérité.