3 - 2
Le braquage permanent du Bernabéu
On a failli y croire. On a failli penser que le fameux "Cholismo", cette science occulte consistant à garer un bus devant son but pendant quatre-vingt-dix minutes, allait enfin triompher de la magie noire du Santiago Bernabéu. À la pause, l’Atlético menait 1-0, porté par une discipline tactique qui ferait passer un régiment de la garde suisse pour un groupe de touristes égarés. Mais c’est le Real Madrid. Et le Real ne perd pas, il attend juste que vous soyez assez stupides pour croire que vous avez une chance de gagner.
La Maison Blanche a encore sorti son costume de magicien de fête foraine pour transformer un match mal embarqué en une démonstration de caractère pure et simple. En seconde période, les hommes de Carletto ont soudainement décidé que jouer au football était finalement une option intéressante. Résultat ? Trois buts venus d'ailleurs qui ont transpercé la prétendue défense de fer d'un Diego Simeone qui, sur son banc, semblait avoir une envie furieuse d'avaler sa propre cravate.
C’est SPECTACULAIRE, c’est cruel, et c’est surtout d’une logique implacable. L’Atlético a reculé, a tremblé, et a fini par s’effondrer comme un château de cartes face au souffle d'une remontada que tout le monde voyait venir, sauf eux. On se demande encore comment une équipe peut mener au score aussi sereinement et finir par ressembler à des sparring-partners épuisés en fin de round.
Au classement, l’opération est une bénédiction pour le Real Madrid. En empochant ces trois points dans la douleur et le chaos, ils confirment que le trône de la Liga est leur propriété privée, peu importe qui vient frapper à la porte avec des intentions belliqueuses. Pour les Matelassiers, c’est le retour brutal à la réalité : ils restent coincés dans l'ombre envahissante du voisin, à une place qui commence à devenir sérieusement inconfortable au vu des investissements de l'été.
RESTER CALME face au Real Madrid est une discipline olympique que personne en Espagne ne semble maîtriser. Simeone pourra bien disserter sur l'arbitrage ou la malchance en conférence de presse, la vérité est qu’il a encore subi la loi du plus fort. Madrid reste blanc, et pour l’Atlético, le cauchemar continue en boucle.