0 - 1
Orage turc sur Vallecas
On nous avait promis l'enfer de Vallecas, une ambiance à réveiller les morts et un Rayo conquérant prêt à dévorer la petite Europe. Au final, les supporters madrilènes ont surtout eu droit à une douche froide venue tout droit de la mer Noire. Recevoir Samsunspor en Conference League, c’est un peu comme inviter un cousin éloigné qu’on pense maîtriser avant qu’il ne reparte avec l’argenterie et les clés de la voiture.
La première période fut un vibrant hommage au néant footballistique. Un score de parité à la pause qui flattait surtout le gazon, tant les deux équipes semblaient d'accord pour ne surtout pas brusquer le destin. Le Rayo Vallecano, fidèle à sa réputation de club capable du meilleur comme du plus improbable, a passé quarante-cinq minutes à chercher la faille dans une défense turque organisée comme un convoi diplomatique.
Et puis, le drame est arrivé. Alors qu'on pensait s'acheminer vers un partage des points aussi mémorable qu'une rediffusion de curling, Samsunspor a décidé de punir l'arrogance espagnole. Un but, un seul, a suffi à transformer le stade en cimetière sonore. Samsunspor a réalisé le HOLD-UP parfait, prouvant que posséder le ballon ne sert strictement à rien si l'on ne sait pas quoi en faire une fois arrivé dans les trente derniers mètres adverses.
Au classement, l'opération est catastrophique pour les Madrilènes. Partis avec l'étiquette de favoris logiques, ils se retrouvent désormais à contempler le bas du tableau avec une anxiété nouvelle. Pour Samsunspor, c'est le hold-up du siècle qui leur permet de faire un bond GIGANTESQUE vers les sommets. Les Turcs ne sont pas venus pour faire du tourisme ou admirer l'architecture madrilène, ils sont venus pour valider leur ticket vers la gloire continentale.
Le Rayo devra vite retrouver ses esprits s'il ne veut pas que sa campagne européenne ne devienne une simple anecdote de fin de saison. Car ce soir, la véritable ÉCLAIRCIE est venue de Turquie, laissant Vallecas dans une obscurité aussi épaisse que le jeu proposé par les locaux. Le football est parfois cruel, mais il est surtout juste avec ceux qui savent convertir leur unique occasion.