Le coup de froid limbourgeois sur la Forêt-Noire
On s'attendait à une joute tactique entre le plat pays et les cimes de la Forêt-Noire, on a surtout eu le droit à une première période qui aurait pu servir de remède miracle contre l'insomnie chronique. Zéro à zéro à la pause, les deux équipes se regardaient dans le blanc des yeux comme deux boxeurs qui ont peur de se casser un ongle. Mais en Europa League, la politesse finit toujours par s'arrêter là où l'opportunisme commence.
Le Racing Genk, poussé par son public et une envie soudaine de ne pas gâcher sa soirée, a fini par trouver la faille. Un petit but, un seul, mais suffisant pour faire s’écrouler le château de cartes de Christian Streich. Le SC Fribourg, d’ordinaire si rigoureux et discipliné, a ressemblé à une équipe qui a confondu le rectangle vert avec une promenade dominicale sur les sentiers du Bade-Wurtemberg. On cherche encore les attaquants allemands, probablement restés bloqués à la douane ou perdus dans les couloirs de la Cegeka Arena.
C'est une VICTOIRE de caractère pour les Belges. Genk prouve que même sans dominer outrageusement, on peut repartir avec les trois points en poche grâce à une rigueur défensive retrouvée. Fribourg, de son côté, repart avec ses certitudes bousculées et une valise pleine de regrets. C'est le genre de match qui rappelle que la possession de balle ne sert strictement à rien si elle est aussi stérile qu'un désert de sel.
Au classement, ce résultat change radicalement la donne pour le groupe. Genk fait une opération en OR massif et s'installe confortablement dans la course à la qualification, grimpant de quelques échelons précieux alors que personne ne les attendait à ce niveau de réalisme. Pour Fribourg, c'est la soupe à la grimace : les Allemands vont devoir cesser de jouer les esthètes inoffensifs s'ils ne veulent pas finir leur aventure européenne prématurément dès la phase de poules.
Les hommes de Streich vont avoir tout le temps de méditer sur ce hold-up pendant le vol retour. Un match à oublier pour les uns, un acte fondateur pour les autres. BRAVO Genk, le réalisme a enfin changé de camp, et ça fait un bien fou à l'indice UEFA belge. Fribourg ferait bien de se réveiller avant que le train des huitièmes ne quitte la gare sans eux.