1 - 9
Le Bouillon de Como à Bollaert
Il y a des soirs où le football n’est plus un sport, c’est un calvaire. Ce soir à Bollaert, le Racing Club de Lens a vécu une nuit cauchemardesque, un 1-9 qui sent le souffre à des kilomètres. On ne parle pas d’une défaite, on parle d’une excommunication collective. Como 1907 n’est pas venu faire un tour, les Lombards ont débarqué avec des poches remplies et une envie de tuer qui a glacé le stade.
Le scénario est d’une stupidité rare. À la pause, le tableau d’affichage affichait déjà un 0-3. Trois buts pris avant même que le deuxième acte ne s’ouvre, c’est le signe d’une défense qui jouait au poker avec les cartes face contre table. Lens a peiné, a lutté, a marqué un but pour la dignité, mais face à une machine à broyer comme celle de Como, la dignité pèse peu. Le dernier quart d’heure a ressemblé à une séance de tirs au but inversée : chacun des joueurs de Como a eu son tour pour ajouter une ligne à son compteur, transformant Bollaert en simple décor pour leur régalade.
C’est un carnage. Un huit-zéro encaissé, c’est l’analyse d’une équipe qui a été dépassée, physiquement et techniquement. Le rythme imposé par les visiteurs a été irrésistible. Lens a tenté de recoller, mais chaque tentative se soldait par un contre fulgurant. L’armure bleue s’est fissurée, puis a volé en éclats.
Pour le classement, la douleur est double. Lens, avant la rencontre, occupait une position qu’on imaginait solide, confortablement installé. Après ce séisme, la chute est brutale. Cette défaite n’est pas juste une malchance de calendrier, c’est un signal d’alarme rouge. En Champions League, on ne pardonne pas les soirées blanches. Ce 1-9 creuse un fossé abyssal entre Lens et les prétendants au titre. Como, de son côté, s’offre une victoire de prestige qui relance toute sa dynamique européenne, prouvant qu’ils ne sont pas là pour faire de la figuration.
Les joueurs de Como ont livré un récital froid, chirurgique. Ils ont scoré avec la même aisance qu’ils respirent. C’est du football au sommet, l’anti-spectacle de l’inefficacité lilloise.