5 - 4
Apocalypse Défensive au Parc des Princes
Si vous cherchiez une leçon de tactique et de rigueur, il fallait probablement changer de chaîne ou aller regarder un match de curling. Ce duel entre le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich restera dans les annales du grand n'importe quoi footballistique. Un score de 5-4 qui ressemble plus à un match de cour de récréation qu'à un sommet de la Ligue des Champions. Apparemment, l’idée de défendre était restée au vestiaire, tout comme le réalisme en première période.
Car oui, le plus absurde dans cette affaire reste ce score vierge à la pause. On a eu droit à quarante-cinq minutes de politesses inutiles avant que les deux équipes ne décident d'ouvrir les vannes de façon ABYSSALE. Dès le retour des vestiaires, le Parc des Princes s'est transformé en fête foraine où les gardiens servaient de cibles de foire. Neuf buts en une seule mi-temps, c'est du jamais vu, ou alors c'était sur console de jeu avec la difficulté réglée sur "débutant".
Les Munichois, d'ordinaire si froids et méthodiques, ont oublié que pour gagner un match, il ne suffit pas de marquer quatre fois. Il faut aussi éviter que l'adversaire n'en plante cinq. Manuel Neuer a dû se sentir aussi seul qu’un supporter égaré, abandonné par une charnière centrale qui avait manifestement décidé de boycotter le concept de marquage. En encaissant cinq buts, la machine allemande a prouvé qu'elle pouvait finir à la casse quand elle oublie de mettre de l'huile dans ses rouages.
Côté parisien, on a frôlé l'infarctus collectif à chaque offensive adverse. Mais devant, c’était le festival du réalisme et de l'opportunisme. Paris a profité des largesses bavaroises pour s’offrir une victoire de prestige qui masque mal des lacunes inquiétantes. C'est le genre de match où l'on se dit que l'entraîneur a dû perdre dix ans d'espérance de vie, mais au moins, les spectateurs en ont eu pour leur argent. On attendait un choc tactique, on a eu un RODÉO sans fin.
Au classement, cette victoire fait un bien fou aux Parisiens qui remontent et s'offrent un bol d'air pur dans cette phase de groupes. Le Bayern, en revanche, commence à regarder derrière lui avec l'inquiétude d'un touriste qui a perdu son passeport. C'était GRANDIOSE dans l'absurde, et c'est exactement pour ça qu'on aime détester ce sport. On ne sait pas si c'était du football ou du chaos pur, mais on en redemande déjà.