L'insolence madrilène éteint l'Etihad
Le football est un sport simple : on donne le ballon à Manchester City pendant quatre-vingt-dix minutes, on les laisse dessiner des triangles parfaits et multiplier les passes jusqu'à l'ivresse, et à la fin, c'est le Real Madrid qui gagne. Pep Guardiola pourra passer sa nuit à disséquer ses graphiques de "Expected Goals" et à compter ses séquences de possession stérile, la réalité est aussi glaciale qu'une fin de soirée dans le Nord de l'Angleterre : les rois de l'Europe ont encore frappé.
Pendant que City tricotait des pulls en cachemire devant la surface adverse, la Maison Blanche s'est contentée de faire ce qu'elle fait de mieux : être INSOLENTE. Deux éclairs, une solidité défensive qui frise l'indécence et voilà les Citizens renvoyés à leurs études. C'est presque fascinant de voir une équipe dominer autant pour finir par se faire punir par le premier contre venu. On dirait un combat entre un maître d'échecs qui calcule quatre cents coups à l'avance et un type qui arrive, renverse l'échiquier et repart avec la mise.
Carlo Ancelotti, avec son sourcil plus expressif que tout le banc de City réuni, a encore donné une leçon de cynisme. On ne gagne pas la Champions League avec des pourcentages de possession, on la gagne avec du caractère et ce petit truc en plus qui fait que le ballon finit toujours par entrer du bon côté quand on porte ce maillot blanc. Pour City, c'est un coup d'arrêt BRUTAL. Être le favori des parieurs et des puristes ne sert à rien quand on affronte le boss final du jeu vidéo européen.
Au classement de cette Champions League, cette victoire propulse le Real dans les hautes sphères, là où l'air est pur et où l'on ne croise que des gens qui savent soulever des trophées. Pour City, il va falloir cravacher pour ne pas s'enliser dans les doutes d'un automne qui s'annonce plus compliqué que prévu. La leçon du soir est gratuite mais douloureuse : posséder le ballon n'est pas posséder le destin. Madrid reste le MAÎTRE absolu des horloges européennes.