3 - 1
Le Cottage s'offre un festin de Clarets
On a longtemps cru que le spectacle à Craven Cottage se résumerait à la qualité de la pelouse et à la météo capricieuse de Londres. Une première période d'un ennui mortel, conclue sur un 0-0 qui ressemblait plus à un pacte de non-agression qu'à une véritable joute de Premier League. On aurait pu croire que les deux équipes avaient mutuellement décidé que le repos dominical commençait dès le coup d'envoi.
Puis, la seconde période a sonné le réveil des morts. Et le réveil a été particulièrement brutal pour Vincent Kompany et ses troupes.
Fulham a soudainement réalisé qu'il y avait trois points à prendre et a décidé d'arrêter de faire dans le social. En l'espace de quarante-cinq minutes, les Cottagers ont transformé Burnley en un simple sparring-partner. Trois buts plus tard, la défense des Clarets ressemblait à un vieux pull en laine attaqué par les mites : beaucoup de trous et absolument aucune protection. C'était une véritable DÉMONSTRATION de réalisme de la part des locaux, qui ont rappelé à tout le monde pourquoi ils méritent leur place dans l'élite.
Pour Burnley, c'est la même rengaine mélancolique. La fameuse philosophie de jeu est très esthétique dans les interviews d'après-match, mais elle ne pèse pas lourd quand on défend avec la passivité d'un touriste devant Big Ben. À force de vouloir jouer les esthètes dans sa propre surface de réparation, le 19e de Premier League finit par s'enfoncer tête la première vers la Championship. Le tunnel est long, et il n'y a visiblement plus de lumière au bout pour les hommes du Lancashire.
Ce résultat est une bénédiction pour Fulham. Confortablement installés dans le ventre mou du classement avant le coup d'envoi, les Londoniens s'offrent un bol d'air pur et peuvent désormais regarder vers le haut avec un peu plus d'ambition, ou au moins avec le sentiment du devoir accompli. Pour Burnley, en revanche, c'est la DÉSILLUSION totale. La lanterne rouge ne clignote même plus, elle s'éteint doucement dans l'indifférence générale.
En résumé, Fulham a fait le travail sans trop forcer, tandis que Burnley a confirmé qu'avoir de bonnes intentions ne suffit pas pour éviter de prendre l'eau. Le Cottage se régale, Burnley agonise, et la Premier League continue son tri sélectif entre ceux qui savent marquer et ceux qui savent juste encaisser.