0 - 5
Le Bayern coule le navire pirate au Millerntor
On dit souvent que le Millerntor est une forteresse imprenable, un sanctuaire où le romantisme du football vient mourir face à la ferveur des punks de Hambourg. Visiblement, le GPS du Bayern Munich n'était pas branché sur la fréquence "folklore" ce week-end. Les Bavarois sont venus, ils ont vu, et ils ont transformé les célèbres Pirates en simples moussaillons de caniveau. Un naufrage en bonne et due forme qui rappelle que la poésie ne gagne pas de titres, surtout face à un rouleau compresseur.
Pourtant, à la mi-temps, le tableau d'affichage affichait un timide 0-1. On se disait presque que St. Pauli, avec son courage habituel et ses tacles à la carotide, pourrait peut-être tenir le choc ou même arracher un miracle sur un malentendu. L'espoir, cette maladie incurable chez les supporters, flottait encore au-dessus des tribunes enfumées. Mais le Bayern est une machine froide qui n'aime pas le suspense, encore moins quand il s'agit de remettre les promus à leur juste place.
La seconde période a tourné à la véritable BOUCHERIE tactique. Vincent Kompany a manifestement expliqué à ses troupes que 1-0 était un score indigne d'un Rekordmeister en déplacement. Résultat ? Une avalanche. Quatre buts supplémentaires sont venus sceller un 0-5 qui ressemble plus à une démonstration de force tranquille qu'à un affrontement équilibré. La défense de St. Pauli a fini par ressembler à un fromage à trous, laissant les attaquants munichois s'amuser comme dans un jardin d'enfants, sans la moindre once de pitié pour le folklore local.
Ce succès permet au Bayern de confirmer son insolente domination au sommet du classement. Pour les Munichois, c'est le train-train quotidien : on écrase la concurrence, on récupère les trois points et on rentre fêter ça. En revanche, pour St. Pauli, ce revers est une DOUCHE FROIDE monumentale. Le club reste englué dans les zones dangereuses du classement, et il va falloir bien plus que des slogans militants pour éviter de reprendre l'ascenseur vers la division inférieure dès le printemps prochain.
C'était beau, c'était cruel, c'était le Bayern. St. Pauli a appris à ses dépens que dans le monde du football professionnel, les Pirates finissent souvent par couler quand ils croisent un cuirassé de cette envergure. On attend maintenant avec impatience la prochaine victime qui pensera avoir une chance face à cet ogre insatiable. Spoiler : elle finira probablement en morceaux, elle aussi.