2 - 3
Le Racing plume les Canaris à la Beaujoire
On pensait avoir tout vu avec le FC Nantes cette saison, mais la Beaujoire a encore trouvé le moyen de transformer un match de football en une tragédie grecque version Loire-Atlantique. Face à un Strasbourg qui ne demandait pas tant de politesse, les hommes de l'époque ont décidé que défendre était une option facultative, un concept visiblement trop vintage pour le football moderne.
Tout a commencé sous le signe de la générosité nantaise. Kevin Gameiro, dont l'expérience n'a d'égal que son sens du placement, n'a eu besoin que de trois minutes pour climatiser le stade et ouvrir le score. Un accueil chaleureux, presque trop. Si Eray Cömert a bien tenté de sauver les meubles avant la pause avec une égalisation pleine de rage, ce n'était qu'un trompe-l'œil. À la mi-temps, le score de 1-1 laissait espérer un semblant de suspense, mais c'était mal connaître le goût des locaux pour l'autodestruction.
La seconde période a tourné à la démonstration de réalisme alsacien. Emanuel Emegha, souvent pointé du doigt pour son manque de finition, s'est mué en bourreau impitoyable. Un doublé plein de sang-froid qui a mis en lumière les lacunes abyssales d'une arrière-garde nantaise plus proche de la porte de saloon que de la muraille de Chine. À 1-3, le public a compris que la soirée allait être longue. Voir son équipe se liquéfier ainsi face à un concurrent direct est tout simplement CATASTROPHIQUE pour le moral des troupes.
La réduction du score tardive de Mostafa Mohamed n'a servi qu'à ajouter une dose de frustration à une note déjà salée. Ce 2-3 final est une leçon de survie. Strasbourg réalise un BRAQUAGE en règle et s'offre une bouffée d'oxygène capitale au classement, s'éloignant d'une zone rouge qu'ils commençaient à tutoyer d'un peu trop près.
Pour Nantes, le réveil est brutal. Englués dans les profondeurs du tableau, les Canaris s'enfoncent dans une crise de résultats qui commence à sérieusement inquiéter. Si l'objectif était de rassurer les supporters, c'est un échec total. Strasbourg, de son côté, prouve qu'avec un peu de discipline et une défense adverse aux abonnés absents, le maintien devient soudainement beaucoup plus accessible.