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Portes ouvertes à la WWK Arena
Si vous cherchiez une leçon de rigueur défensive ou une masterclass de placement tactique, il fallait probablement zapper sur un documentaire animalier sur la reproduction des bulots. En revanche, si vous aimez le chaos organisé, les transitions foireuses et les gardiens de but laissés à l'abandon par leurs propres coéquipiers, ce Augsburg-Hoffenheim était votre Saint-Graal personnel de l'absurde.
On ne va pas se mentir : voir quatre buts en quarante-cinq minutes, c’est statistiquement réjouissant pour le community manager de la ligue. C'est surtout la preuve flagrante que la Bundesliga reste ce championnat merveilleusement schizophrène où l'on peut marquer deux fois avant la pause et décider, de manière totalement unilatérale, que le match est terminé au retour des vestiaires. Le FC Augsburg, fidèle à sa réputation d'équipe capable de fulgurances comme de siestes prolongées, a joué le rôle de l'hôte généreux. Un peu trop, d'ailleurs.
En face, le TSG 1899 Hoffenheim a fait du Hoffenheim pur jus. C’est-à-dire une équipe qui possède le talent offensif d'un prétendant aux places européennes mais la solidité structurelle d'une tente de camping un soir de tempête. Revenir au score pour finalement se satisfaire d'un partage des points, c'est leur zone de confort. On appelle ça le ventre mou, cet endroit où l'on ne risque rien mais où l'on ne gagne jamais vraiment rien non plus.
Ce résultat est un monument de STAGNATION. Pour Augsburg, qui végétait déjà dans le milieu du classement avant le coup d'envoi, c'est l'occasion manquée de basculer du bon côté de la force. Deux points de perdus à domicile qui risquent de peser lourd au moment de faire les comptes pour éviter les sueurs froides du printemps. Pour Hoffenheim, c'est un énième constat d'impuissance : ils sont manifestement trop doués pour couler, mais bien trop friables pour viser autre chose que l'anonymat d'une dixième place.
Au final, le spectateur a eu son compte de frissons en première période avant de sombrer dans une léthargie polie durant les quarante-cinq dernières minutes. Un 2-2 qui ressemble à une poignée de main entre deux boxeurs fatigués qui ont oublié de mettre leurs gants. C’est frustrant, c'est spectaculaire par intermittence, bref, c'est la Bundesliga dans toute sa splendeur INCERTAINE.