3 - 4
L'Inter climatise le lac de Côme
L'Inter ne meurt jamais, ou du moins, elle a appris à nager très vite dans les eaux troubles du lac de Côme. Dans ce qui ressemblait à un traquenard parfait concocté par Cesc Fàbregas, les Nerazzurri ont fini par rappeler à tout le monde pourquoi le Scudetto ne se gagne pas avec des intentions romantiques mais avec du vice, de l'expérience et quelques poumons supplémentaires.
Menés 2-1 à la pause par des Comasques en état de grâce, on a cru un instant que la bande à Inzaghi allait sombrer. Le promu, surprenant 4e au classement avant le coup d'envoi, jouait comme s'il avait inventé le football hier matin sous l'impulsion d'un Nico Paz insolent de facilité. Mais le romantisme, ça ne suffit pas quand on a la fâcheuse habitude de laisser des boulevards à un Lautaro Martínez toujours aussi clinique.
En seconde période, le leader a décidé d'arrêter de plaisanter. Trois buts plus tard, dont un coup de casque salvateur de Marcus Thuram qui a probablement brisé le cœur de la moitié de la Lombardie, l'Inter repart avec les trois points dans un match ABSOLUMENT DÉMENT. 3-4, score de baby-foot pour les puristes, mais démonstration de force mentale pour le futur champion.
Pour Côme, c'est la douche froide. Être au pied du podium, c'est bien, y rester après avoir mené face au patron, c'est mieux. Ils apprennent à la dure que la Serie A ne pardonne pas les sautes de concentration, surtout quand l'adversaire possède plus de bouteille qu'une cave de Toscane. L'Inter s'envole, consolidant sa 1ère place et rendant la fin de saison aussi prévisible qu'une élimination précoce en Coupe d'Europe.
On saluera tout de même l'audace de Fàbregas, qui a transformé un club de bord de lac en machine à spectacle, mais la réalité a brutalement rattrapé les rêveurs. C'est CRUEL pour les locaux, mais c'est la loi du plus fort. Les Nerazzurri sont les rois de la botte, tandis que Côme devra se contenter des félicitations du jury. PAS DE PITIÉ POUR LES BRAVES.
Ce résultat enterre presque le suspense pour le titre. Pendant que l'Inter prépare déjà le champagne, Côme va devoir regarder dans son rétroviseur pour ne pas voir sa qualification historique en Ligue des Champions s'évaporer comme la brume matinale sur le Sinigaglia. Une leçon de réalisme, tout simplement.