3 - 2
L'Atalanta perd la boussole en Sardaigne
On s'attendait à une leçon de football total de la part des élèves de Gasperini, on a finalement assisté à un naufrage collectif en bonne et due forme. L'Atalanta, qui se voyait déjà plastronner dans le haut du panier de la Serie A, a fini par se prendre les pieds dans le tapis sarde de Cagliari. Un match qui a prouvé que la défense bergamasque est parfois aussi solide qu'un château de cartes et que l'orgueil ne remplace jamais les poumons.
Le premier acte fut un véritable festival du grand n'importe quoi tactique. Les deux équipes se sont rendu coup pour coup dans une anarchie absolument délicieuse pour les spectateurs, mais probablement fatale pour les nerfs des deux entraîneurs. Un score de 2-2 à la mi-temps qui laissait présager une suite épique ou une faillite mentale imminente. C'est finalement la seconde option qui a été cochée par les visiteurs.
En seconde période, Cagliari a décidé de montrer ce que signifiait vraiment avoir du caractère. Pendant que l'Atalanta multipliait les passes latérales stériles avec l'arrogance des équipes qui se croient trop belles pour courir, les Insulaires ont porté l'estocade pour arracher ce 3-2 définitif. Une ENORME gifle pour une équipe de Bergame qui semble avoir égaré son football quelque part entre l'aéroport et le stade.
Au classement, le constat est cruel pour la Dea. Septième avant le coup d'envoi, l'Atalanta reste scotchée à sa place de spectatrice impuissante de la course à l'Europe. Le train pour la Ligue des Champions s'éloigne et les Bergamasques sont encore sur le quai à se demander ce qui leur est arrivé.
Cagliari, de son côté, réalise l'opération survie parfaite. Treizième avant la rencontre, le club sarde s'offre un bol d'air FRAIS et prouve que son stade reste une forteresse où l'on ne vient pas ramasser des points sans se salir le maillot. Les hommes de l'île s'éloignent de la zone rouge avec la manière et un panache qui fait plaisir à voir.
On retiendra surtout que l'Atalanta a ENCORE craqué quand l'enjeu devenait sérieux. À force de se prendre pour un ténor sans en avoir la régularité, on finit par chanter faux devant un public qui ne demande qu'à vous huer. Ce soir, la musique bergamasque était une véritable insulte au solfège.