2 - 2
Portes ouvertes à l'Ouest de Londres
Le Gtech Community Stadium a été le théâtre d'une de ces rencontres typiquement britanniques où l'on confond allègrement générosité offensive et incompétence défensive. Pour les puristes du "clean sheet", ce Brentford-Everton fut un cauchemar éveillé. Pour les autres, ce fut un délicieux chaos se terminant sur un 2-2 qui, au final, n'arrange absolument personne, mais remplit les grilles de highlights.
À la mi-temps, le tableau affichait déjà 1-1. Une parité presque polie entre deux équipes qui semblaient s'être mises d'accord pour ne surtout pas prendre l'ascendant. D'un côté, les Bees de Thomas Frank, cette équipe soi-disant drivée par la data et les algorithmes, qui a fini par défendre comme si elle utilisait Windows 95. De l'autre, l'Everton de Sean Dyche, le seul homme capable de porter un costume trois pièces tout en dégageant une aura de pub mal famé de Liverpool.
Le second acte a basculé dans le SPECTACLE total, ou plutôt dans une forme d'anarchie organisée. Voir Everton marquer deux buts à l'extérieur relève normalement du miracle biblique ou d'un bug dans la matrice de la Premier League. Pourtant, les Toffees ont réussi cet exploit, prouvant que même une horloge arrêtée donne l'heure juste deux fois par jour. Brentford, fidèle à sa réputation d'équipe poil à gratter, a répondu avec la hargne qu'on lui connaît, mais avec la précision chirurgicale d'un boucher en fin de service.
Au classement, ce partage des points est une VÉRITABLE STAGNATION. Brentford reste englué dans ce ventre mou qui ressemble de plus en plus à des sables mouvants, incapable de transformer son joli jeu en trois points sonnants et trébuchants. Quant à Everton, chaque point pris est une petite victoire contre la fatalité et les commissions de discipline, mais on ne va pas se mentir : avec une telle perméabilité, le maintien va ressembler à une longue séance de water-polo sans oxygène.
En résumé, si vous aimez le football tactique et rigoureux, repassez plus tard. Si vous aimez voir vingt-deux types courir après un ballon en oubliant les bases du placement, c'était le MATCH de l'année. Les deux entraîneurs repartent avec un point et probablement une migraine carabinée, tandis que les supporters, eux, attendent toujours de savoir si leur équipe a l'intention de défendre un jour cette saison.