1 - 1
Politesse portugaise et flegme andalou
On nous avait vendu une joute ibérique électrique, un choc frontal entre les Guerriers du Minho et les esthètes de Séville. Au final, le public de l’Estádio Municipal a surtout assisté à une partie de dominos géante où chaque camp semblait terrifié à l’idée de poser la première pièce. Ce 1-1 est le genre de résultat qui ne fait plaisir qu’aux comptables et aux amateurs de siestes dominicales.
La première période fut un monument au néant tactique. Un "None-None" à la pause qui, soyons honnêtes, aurait pu servir de calmant pour les plus insomniaques. Entre passes latérales sans saveur et centres terminant leur course dans les tribunes de la carrière, le spectacle était davantage dans l’architecture du stade que sur la pelouse. On a senti que les deux formations avaient peur de tout, surtout de jouer au football.
Braga a fini par sortir de sa torpeur, poussé par un public qui commençait sérieusement à regretter le prix du billet. Mais le Real Betis, en vieux briscard de la Liga, sait encaisser sans broncher. Manuel Pellegrini a dû savourer cette capacité de ses hommes à ne rien proposer tout en repartant avec un point dans la besace. C’est l’art du minimum syndical poussé à son PAROXYSME. On ne gagne pas, on ne perd pas, on existe à peine, mais on survit.
Au classement, ce partage des points fige les positions dans un statu quo particulièrement agaçant. Personne ne prend l’ascendant, personne ne sombre, on se contente de rester dans le flou de cette phase de groupes en attendant que le destin décide de faire le tri. Braga manque l’occasion de marquer son territoire à domicile, tandis que le Betis confirme sa réputation d’équipe capable de s'adapter à la médiocrité ambiante pour éviter le pire.
Il faudra faire preuve de bien plus de PANACHE lors des prochaines échéances si ces deux-là comptent voir le printemps européen. Pour l’instant, ils se sont surtout assurés une place d’honneur dans le bêtisier des matches les plus oubliables de la saison. Une belle leçon de diplomatie sportive, certes, mais un naufrage pour le plaisir pur.