3 - 2
Le mur jaune a tremblé, mais Hambourg a fini par s'écrouler
Le Signal Iduna Park a bien failli se transformer en bibliothèque municipale ce samedi. Pendant quarante-cinq minutes, le Borussia Dortmund a livré une prestation d'une indigence rare, regardant le Hamburger SV lui marcher sur les pieds avec l'insolence d'un condamné qui n'a plus rien à perdre. À 0-2 à la pause, on préparait déjà les oraisons funèbres pour les ambitions des Jaune et Noir.
Mais le football allemand possède cette particularité agaçante pour ses détracteurs : il n'est jamais fini avant que le car des visiteurs n'ait quitté le parking. Dortmund a décidé de se réveiller, ou plutôt de cesser d'insulter son propre public. Ce qui a suivi fut une véritable DÉFERLANTE de frustration transformée en football champagne. Trois buts plus tard, le BVB s'en sort par un trou de souris, laissant le HSV avec ses regrets et sa peur panique du vide.
Pour Hambourg, cette défaite est une véritable tragédie grecque en short. Mener de deux buts à l'extérieur pour finalement repartir avec zéro point, c'est une performance qui mérite presque une mention spéciale dans le manuel du parfait petit relégable. Ils stagnent dans les bas-fonds du classement, là où l'air devient irrespirable et où les calculatrices commencent à chauffer.
Dortmund, en revanche, réalise l'opération comptable parfaite. Ce succès acquis dans la douleur leur permet de s'accrocher au wagon de tête. Certes, la défense a montré la solidité d'un château de cartes un jour de grand vent, mais les trois points sont là. Au classement, le BVB remonte à une place bien plus conforme à son standing, rappelant à la concurrence que même quand ils jouent comme des amateurs pendant une heure, ils restent CAPABLES du meilleur.
Le spectacle était au rendez-vous, le réalisme aussi. Si le Borussia veut espérer autre chose qu'une simple place d'honneur en fin de saison, il faudra néanmoins éviter de donner deux buts d'avance à chaque adversaire qui passe le Rhin. Quant au HSV, ils feraient bien de se rappeler qu'un match dure quatre-vingt-dix minutes, pas quarante-cinq. C'est CRUEL, mais c'est la Bundesliga.