2 - 2
Les mineurs de Donetsk braquent le polder
La Conference League, cette compétition que l’UEFA a inventée pour nous convaincre qu'un jeudi soir à Alkmaar est le sommet de la civilisation européenne, nous a offert un condensé de tout ce qu’on aime : de la frustration, des erreurs défensives et un suspense qui s’est évaporé plus vite qu’une pinte de Pilsen un jour de match. L’AZ Alkmaar et le Shakhtar Donetsk se sont quittés sur un score de parité (2-2) qui ne fait les affaires que des comptables ukrainiens.
Après une première période d'un néant ABYSSAL où les deux équipes ont semblé s'accorder sur une sieste collective, on a enfin eu droit à un semblant de football après la pause. On ne sait pas ce qui a été servi dans les vestiaires de l’AFAS Stadion, mais les vingt-deux acteurs ont soudainement réalisé qu’ils étaient payés pour marquer des buts, pas pour observer la croissance du gazon hollandais.
L’AZ Alkmaar, éternel supermarché à ciel ouvert pour les bancs de touche de Premier League, a pourtant cru tenir son exploit. Les Bataves ont confisqué le ballon avec cette possession stérile qui fait leur charme, mais leur arrière-garde affiche toujours la solidité structurelle d’une gaufre oubliée sous la pluie fine de Hollande-Septentrionale. Face à eux, le Shakhtar a navigué avec le calme olympien d'un aristocrate en exil, piquant avec une précision CHIRURGICALE dès que les trous d'air se sont présentés dans la défense locale.
Pour l’AZ, actuellement quatrième d’Eredivisie, ce match nul sonne comme un échec cuisant. Ils espéraient que leur ferveur domestique suffirait à renverser la vapeur après le revers de l’aller, mais la réalité européenne est brutale : on ne gagne pas des quarts de finale avec des intentions de jeu et des centres au troisième poteau.
Ce résultat acte le TERMINUS pour les Néerlandais dans cette campagne européenne. Le Shakhtar Donetsk, leader de son championnat, poursuit son bonhomme de chemin vers le dernier carré avec le détachement de celui qui sait qu'il n'a techniquement rien à faire dans ce troisième sous-sol de l'Europe. Les tulipes sont fanées, les mineurs rentrent à la maison avec la qualification en poche, et nous, on attendra jeudi prochain pour voir si la suite est un peu moins soporifique.