1 - 6
Le Bayern transforme Bergame en terrain d'entraînement
Il y a des soirées où l'on se demande si le bus de l'équipe locale n'est pas resté coincé dans les embouteillages de Lombardie. Visiblement, l'Atalanta était présente physiquement au Gewiss Stadium, mais pour ce qui est de l'organisation défensive, on repassera l'année prochaine. Recevoir le Bayern Munich en Ligue des Champions, c'est un peu comme inviter un ours polaire dans son salon : ça finit rarement bien pour les meubles, et on termine généralement en petits morceaux.
À la mi-temps, le tableau d'affichage affichait déjà un 0-3 qui sentait bon la fin de parcours prématurée pour les hommes de Gasperini. On nous avait promis la "Dea" et son football total, on a surtout vu onze types en bleu et noir courir après des ombres rouges avec le regard perdu de quelqu'un qui vient de réaliser qu'il a laissé le gaz allumé. Les Bavarois n'ont même pas eu besoin de forcer leur talent, se contentant de punir chaque perte de balle italienne avec la précision chirurgicale d'un horloger sous amphétamines. C'était une véritable DÉMONSTRATION de force brute.
Le score final de 1-6 est presque poli pour le Bayern. On a eu l'impression de voir une équipe de catégorie mondiale jouer contre des cadets un peu trop optimistes. L'Atalanta a bien réussi à glisser un petit but pour la forme, mais quand on en prend six dans les gencives à domicile, on ne sauve pas l'honneur, on évite juste le zéro pointé à la notation du journal local. Les supporters bergamasques, d'ordinaire si bruyants, ont fini par fixer leurs chaussures en espérant que le chronomètre s'accélère ou qu'une panne de courant vienne abréger leurs souffrances.
Pour le classement de cette phase de ligue, l'opération est magnifique pour les Allemands. Ils rappellent à tout le continent qu'ils ne sont pas venus à Bergame pour faire du tourisme ou goûter la gastronomie locale. Ils grimpent dans les hauteurs du tableau, là où l'air est pur et où l'on ne croise pas de défenseurs en papier mâché. Pour l'Atalanta, c'est un NAUFRAGE total. Leur différence de buts ressemble désormais au bilan comptable d'une startup en faillite : c'est rouge, c'est très moche et ça demande des explications sérieuses.
Il va falloir bien plus qu'une séance de vidéo pour que les Italiens se remettent de ce traumatisme. Quant au Bayern, ils peuvent déjà préparer le prochain massacre avec le sentiment du devoir accompli. La machine est lancée, et elle n'a visiblement aucune pitié pour les romantiques du football de province qui pensaient pouvoir s'asseoir à la table des grands sans surveiller leur buffet.