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City éteint les lumières de l'Emirates
Mikel Arteta avait sûrement un plan. Un schéma complexe gribouillé nerveusement sur un tableau noir, impliquant des inversions de latéraux hybrides et une occupation rationnelle de l'espace au demi-millimètre près. Malheureusement pour lui, Manchester City avait quelque chose de bien plus efficace : du talent brut et une habitude presque indécente de transformer la League Cup en son jardin privé.
La première période fut un monument d'observation mutuelle, ce qui est le terme poli utilisé par les puristes pour dire qu'on s'est copieusement ennuyé devant un spectacle aussi passionnant qu'une conférence sur la culture des endives en milieu aride. Un score nul et vierge à la pause qui laissait pourtant croire aux supporters des Gunners, toujours d'un optimisme touchant, que l'exploit était possible. Spoiler : il ne l'était pas. Dès le retour des vestiaires, la machine de Pep Guardiola a décidé qu'il était temps d'arrêter de plaisanter et de passer aux choses sérieuses.
Deux buts plus tard, l'affaire était pliée avec une facilité déconcertante. Pas besoin de génie tactique révolutionnaire pour City, juste une exécution CLINIQUE face à une défense d'Arsenal qui, par moments, semblait découvrir les principes fondamentaux du marquage individuel. C'est tout le drame de cette équipe londonienne : capable de séquences de possession séduisantes pour Instagram, mais d'une fragilité émotionnelle totale dès que le niveau de pression s'élève d'un cran.
Pour Arsenal, l'aventure en EFL Cup s'arrête donc ici, dans le froid d'une défaite qui laissera forcément des traces. On entend déjà les discours lénifiants dans les couloirs de l'Emirates sur la nécessité de "se concentrer sur le championnat" et sur la "croissance continue du projet". C'est une façon élégante de dire qu'une ligne de plus vient d'être barrée sur la liste des trophées potentiels cette saison. Perdre contre City n'est plus une honte, c'est devenu une FORMALITÉ administrative pour la plupart des clubs de l'élite.
Pendant que les Citizens rejoignent le tour suivant avec la nonchalance d'un touriste en goguette, les Gunners vont devoir méditer sur cette impuissance chronique. Le fameux "process" d'Arteta ressemble de plus en plus à une mise à jour logicielle qui reste bloquée à 99% : c'est très esthétique sur l'écran, mais le programme ne se lance JAMAIS quand on en a vraiment besoin. Manchester City, de son côté, continue de ramasser les victoires comme on ramasse ses clés en sortant de chez soi. Sans y réfléchir, et avec une précision terrifiante.