L'ombre de Xabi s'efface devant le canon londonien
L'Emirates Stadium a retrouvé sa voix et, pour une fois, ce n'était pas pour huer son propre banc. Face au Bayer Leverkusen de Xabi Alonso, on nous avait promis un duel de tacticiens de génie, une partie d'échecs sur gazon entre deux apôtres du beau jeu. Résultat ? Une démonstration de réalisme froid qui renvoie les Allemands à leurs études de chimie.
Arsenal a fait ce qu'il sait faire de mieux quand il ne se saborde pas tout seul : presser haut, piquer vite et laisser l'adversaire avec une possession de balle aussi stérile qu'un terrain vague. Leverkusen, jadis invincible et porté par une aura de mystère quasi mystique, a semblé cette fois n'être qu'une équipe banale, incapable de trouver la clé du coffre-fort londonien. Le concept de "Neverlusen" a pris un sacré coup dans l'aile, et franchement, cela pendait au nez de Xabi.
Ce 2-0 n'est pas seulement une victoire, c'est un MESSAGE envoyé à toute l'Europe. Arsenal bondit au classement et s'extirpe de l'anonymat des profondeurs pour s'installer confortablement dans la zone des prétendants sérieux, là où l'air est plus pur. Pour Leverkusen, en revanche, la chute est brutale. Les voilà qui dégringolent, rappelant à tout le monde que le titre de champion d'Allemagne ne garantit aucun passe-droit face à la rigueur de la Premier League.
Mikel Arteta peut sourire sous sa coupe de cheveux toujours impeccable. Ses hommes ont su éteindre les velléités offensives de Wirtz et consorts sans jamais vraiment trembler. On a vu des Gunners disciplinés, presque cyniques, une qualité qu'on ne leur prêtait pas forcément les saisons précédentes. C'est peut-être ça, le fameux PROGRÈS dont on nous rebat les oreilles depuis trois ans.
Quant au Bayer, il va falloir sérieusement se demander si le carrosse ne s'est pas transformé en citrouille un peu trop tôt dans la compétition. La Ligue des Champions ne pardonne pas les absences, et ce soir, Leverkusen était en RTT. Une défaite nette, sans bavure, qui remet les pendules à l'heure : à Londres, le patron portait un maillot rouge et blanc.