3 - 4
Le suicide collectif des Mayençais
Imaginez quarante-cinq minutes de perfection absolue. Le genre de période où tout sourit, où chaque ballon ressemble à une promesse tenue et où le tableau d'affichage affiche un 3-0 qui ressemble à un rêve éveillé. C'est ce que Mayence a vécu avant de décider, très poliment, d'ouvrir grand les portes de son jardin pour laisser le rouleau compresseur bavarois tout piétiner. Passer de l'extase à l'agonie en un battement de cil, c'est la spécialité locale désormais.
Le 1. FSV Mainz 05 a réalisé l'exploit de transformer une fête nationale en enterrement de première classe. Mener de trois buts à la pause face au Bayern Munich pour finalement s'incliner 3-4, ce n'est plus du football, c'est une leçon clinique d'autodestruction. On a vu des défenses se liquéfier par le passé, mais là, on a assisté à une sublimation : les défenseurs de Mayence sont passés de l'état solide à l'état gazeux dès le retour des vestiaires.
Pour le Bayern, c'est une journée de bureau presque ordinaire. On imagine la causerie à la mi-temps, probablement ponctuée de quelques rappels sur le prix des contrats et l'honneur du "Mia San Mia". Les Munichois ont grignoté leur retard avec une patience de prédateur, profitant de la panique totale qui a saisi les locaux. C'est CRUEL pour les romantiques, mais c'est la marque des équipes qui refusent de mourir, même quand elles sont menées par un score qui aurait dû être définitif.
Au classement, ce braquage en règle permet au Bayern de consolider sa position de force tout en haut du tableau. Pendant que les concurrents espéraient un faux pas, Munich prouve qu'il peut jouer avec ses proies avant de les dévorer. Pour Mayence, en revanche, l'impact psychologique risque d'être dévastateur. On ne se remet pas d'un tel NAUFRAGE sans laisser des plumes, et la suite de la saison s'annonce soudainement beaucoup plus sombre pour un club qui flirte avec les zones dangereuses.
On retiendra que le football allemand possède ce grain de folie capable de produire des scénarios que même les scénaristes de Netflix trouveraient excessifs. Le Bayern repart avec les points et son arrogance habituelle, Mayence repart avec une honte éternelle. C'est brutal, c'est injuste, mais c'est TOTALEMENT mérité quand on oublie de défendre pendant une mi-temps entière.