3 - 3
Portes ouvertes sur le Rhin
Le Rheinderby est censé être une affaire de tripes, de sueur et de haine cordiale. Apparemment, pour cette édition, les deux équipes ont décidé que la défense était un concept purement théorique, un peu comme le régime de Niklas Süle. Un 3-3 qui ressemble plus à un match de cour de récréation qu'à une joute de haut niveau, mais on ne va pas se plaindre : au moins, on ne s'est pas endormis devant notre bière.
Faride Alidou, un homme dont on oublie parfois l'existence entre deux contrôles manqués, s'est transformé en Pelé le temps d'un après-midi. Deux buts pour le gamin de Cologne, dont un dès l'entame qui a plongé le stade dans un silence de cathédrale. Gladbach, fidèle à sa réputation d'équipe la plus imprévisible de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a réagi avec le brio habituel de Franck Honorat avant de sombrer dans ses propres doutes.
À la pause, le tableau affichait déjà un 2-2 de pure folie. On se demandait si les gardiens étaient venus avec leurs mains ou s'ils avaient simplement décidé de faire de la figuration pour l'esthétique du spectacle. C'était du CHAOS TOTAL, une ode à l'anarchie tactique qui ferait faire une attaque cardiaque à n'importe quel entraîneur italien des années 90.
Puis vint le show Robin Hack. Entré pour sauver les meubles, l'ailier des Poulains a claqué un doublé express en deux minutes. On pensait Cologne enterré, prêt à commander ses billets pour la deuxième division. C'était sans compter sur Damion Downs, un nom qui sonne plus comme un personnage de série Netflix que comme un sauveur du dimanche. À la 79e minute, le gamin a remis les pendules à l'heure, offrant un point à des Boucs qui ne savent toujours pas s'ils doivent célébrer ou pleurer.
Au classement, ce résultat est le reflet parfait de la médiocrité ambiante. Gladbach reste englué à la 12e place, dans le ventre mou, cette zone grise où l'on ne joue rien d'autre que l'honneur. Pour Cologne, ce point est une BOUÉE DE SAUVETAGE lancée en pleine tempête, mais ils restent scotchés à cette 16e place de barragiste qui sent bon le stress et les ongles rongés jusqu'au sang. On a eu des buts, de l'émotion et zéro rigueur : la Bundesliga dans toute sa splendeur schizophrène.