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Razzia souabe en Slovaquie
Il y a des déplacements européens qui ressemblent à des pièges boueux dans la grisaille de l’Est, et puis il y a des après-midis récréatives où l’on vient simplement récupérer trois points au vestiaire avant de reprendre l'avion. Le VfB Stuttgart n'a pas fait de sentiment sur la pelouse du Slovan Bratislava. Un 3-0 sec, net, sans bavure, qui a transformé la soirée des locaux en un long chemin de croix sans le moindre répit.
Pour exister en Ligue des Champions, il faut du répondant, du coffre et un minimum de vice. Le Slovan n'avait rien de tout cela en stock. Dépassés sur chaque accélération, incapables d'aligner trois passes sous la pression, les Slovaques ont regardé la mécanique allemande dérouler avec la résignation d'un automobiliste en panne sur la bande d'arrêt d'urgence.
Aux manettes de cette démonstration, Angelo Stiller (8.27/10) a d'abord posé son salon au milieu du pré. Le métronome souabe a distribué les caramels avec le flegme d'un croupier de casino, dictant le tempo à sa guise sans jamais transpirer. Devant lui, Deniz Undav (8.59/10) s'est chargé d'allumer les premières mèches avec son sens du timing habituel, toujours entre les lignes, toujours là où ça fait mal pour faire sauter le verrou adverse.
Mais le véritable bourreau de la soirée portait le numéro 9. Ermedin Demirović (9.65/10) a tout simplement rendu une copie d'extraterrestre. Un récital complet, du sang-froid glacial dans le dernier geste et une présence physique qui a fait passer la charnière centrale de Bratislava pour des plots de chantier. Quand le Bosnien évolue à ce niveau d'intensité, il n'y a plus de tactique qui tienne, juste des défenseurs qui prient pour que le coup de sifflet final arrive vite.
Sur le plan comptable, cette promenade de santé est une bouffée d'oxygène XXL pour Stuttgart. Dans cette phase de ligue ultra-dense où chaque différence de buts pèse une tonne, le VfB engrange un succès précieux pour recoller au wagon des barragistes et s'offrir une vraie marge de manœuvre. Pour le Slovan, en revanche, la musique des étoiles continue de sonner comme un requiem : scotchés dans les bas-fonds du classement, les champions de Slovaquie apprennent à la dure que la plus prestigieuse des compétitions ne pardonne aucun temps faible.
Les Notes du match
- Ermedin Demirović (9.65/10) : Une masterclass totale d'avant-centre, impitoyable face au but et cauchemardesque pour les défenseurs adverses.
- Deniz Undav (8.59/10) : De l'électricité dans chaque prise de balle, du poison permanent entre les lignes et un sens clinique du jeu.
- Angelo Stiller (8.27/10) : Le patron du milieu a joué en chaussons, dictant les lois de la physique sans jamais perdre le fil.